François Chessex

 

Dispersées dans la galerie, les interventions murales de François Chessex, qui "ne pèsent rien", se visitent en clair-obscur. "Ces /paysages/ questionnent le surgissement du sens devant l'informe, l'innommable".

 

François Chessex, établi à Lausanne, est diplomé de l'Ecal en 2003. Il expose depuis entre Lausanne, Genève et Lyon.]


Double exposition à l’ESF

L'Espace St François à Lausanne présente jusqu'au 5 février les images

d'Yves Zbinden et les dessins au mur de François Chessex. Rencontre par Florence Grivel.

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Entre le montré et le caché

Par des voies différentes, Yves Zbinden et François Chessex, à l’espace ESF de Lausanne, attisent le désir de l’image en la brouillant et l’occultant à demi.

 

D’Yves Zbinden à François Chessex, il n’y a pas qu’une amitié entre un prof et son ex-élève (et fils de), il y a aussi, même si leurs modes d’expression n’ont pas grand-chose en commun, des affinités dans leur rapport à l’image. Un rapport fait d’ambiguïté et d’oscillation féconde entre le montré et le caché, le besoin de révéler l’image et celui de l’occulter pour mieux en attiser le désir. Encore que dans ses travaux récents (des superpositions d’images et de mots en tirages à jet d’encre), Yves Zbinden en montre bien plus que jusqu’ici. Mais flou et brouillé, séduisant et vénéneux à la fois, mouvant et foisonnant comme pour empêcher l’oeil d’accommoder la focale et le forcer à rester baladeur. Les images sont sensuelles, épidermiques et mystérieuses comme toujours, inaccessibles aussi derrière la vitre qui leur fait écran, mais étrangement baroques. Comme un souvenir de fastes et décors ravivés presque au dernier moment avant leur dissolution, tandis que s’impriment par-dessus des paroles de «love songs» un peu kitsch et difficiles à déchiffrer, à la manière d’un refrain que l’on entendrait au loin. François Chessex, lui, dessine à même les murs. Intervention éphémère, mais tirée d’une partition écrite à l’ordinateur et réinterprétable en d’autres temps et lieux. Sorte d’écriture automatique épousant la texture de la paroi, elle fait apparaître des visions que l’on devine de montagnes à la forme des drapés qui les recouvrent, comme si elles étaient des sculptures prêtes à être dévoilées pour une inauguration. Ombres portées, neiges fondantes, masses en voie de liquéfaction: les formes molles semblent s’ingénier à brouiller la vision, se révélant pour mieux se déliter tout aussitôt, se donnant forme paysagère pour mieux se décomposer à nouveau.

 

Françoise Jaunin, 24Heures, 26-27 janvier 2008

 

 



 

 

 

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