Les Rroms aujourd'hui dans les Balkans...
Les séries, Rroms des Balkans, de Serbie, d'Albanie et de Macédoine sont le résultat d'un projet qu'Yves Leresche a proposé fin 2006 à la Direction suisse du développement et de la coopération, ci-dessous la présentation extraite du site de la DDC.
Roma Realities Exposition de photos sur la situation des Roms en Europe du Sud-Est
Comment percevons-nous les Roms? L'idée que nous nous faisons d'eux reflète-t-elle fidèlement la diversité de ce peuple? Ou est-ce plutôt une caricature fondée sur des préjugés et de fausses vérités?
Voilà quelques-unes des questions que soulève « Roma Realities », une exposition de photos itinérante produite par la Direction suisse du développement et de la coopération, en collaboration avec le photographe Yves Leresche. L'exposition s'est fixé deux objectifs: d'une part, elle entend attirer l'attention sur la Décennie pour l'intégration des Roms 2005-2015, ses défis et ses objectifs; d'autre part, elle veut remettre en question l'idée répandue selon laquelle les Roms forment un groupe social et ethnique homogène, avec des caractéristiques bien définies et des habitudes apparemment immuables. Cette perception simplificatrice empêche en effet les Roms de faire progresser leur cause. Nous savons parfaitement que pour assurer aux Roms l'accès à une bonne éducation, au logement, à la santé et à l'emploi soit les grands objectifs de la Décennie des Roms il ne suffit pas de veiller à la bonne allocation des ressources et à la réalisation de projets adéquats. Il importe aussi de démonter les préjugés dont les Roms sont victimes et surmonter les barrières psychologiques. La déségrégation de l'école, illustrée dans l'exposition, est l'un des exemples frappants de ce processus. La création d'écoles mixtes, offrant le même apprentissage aux enfants Roms et non-Roms, se heurte souvent à l'absence de volonté politique et populaire due à la persistance d'idées reçues.
Le titre de l'exposition, « Roma Realities », participe du constat. Un singulier n'aurait jamais pu résumer la situation des 5 à 7 millions de Roms qui vivent en Europe du Sud-Est. Car cette réalité est multiple. Parmi les Roms, on trouve des gens de tous les horizons: des pauvres et des riches, des traditionalistes et des progressistes, des universitaires intégrés dans le monde ou des personnes sans revenu fixe vivant en marge de la société. Il y a des médecins, des journalistes, des agents de police ou des juristes, tout comme des sans-abri, des vendeurs de rues, des sans-emploi ou des travailleurs migrants.
Ces deux dernières années, le photographe suisse Yves Leresche s'est rendu à maintes reprises chez les Roms et a vécu avec eux en Albanie, en Macédoine, en Roumanie, en Serbie et au Kosovo. Parmi eux, il a rencontré des politiciens, des animateurs de radio, des ramasseurs de cartons, des musiciens, des mendiants, des réfugiés et des hommes d'affaires. Avec le temps, il est devenu leur ami ou, du moins, un Gadje autre en romani respecté. Ce statut lui a permis de saisir les réalités des Roms de l'intérieur. Les sujets ne posent pas, car les photos sont prises sur le vif, pour mieux refléter la vie quotidienne. L'auteur a surtout été touché par l'esprit de famille des Roms, leur capacité à survivre et leur immense dignité dans les situations les plus difficiles.
«Si l'on ne répond pas rapidement à leurs besoins, les Roms deviendront une véritable bombe à retardement sociale», déclare Yves Leresche en soulignant que, malgré la diversité de leur situation, ils sont tous victimes d'une marginalisation croissante en Europe du Sud-Est. Au cours des privatisations opérées au cours du passage de l'économie planifiée à l'économie de marché, les Roms ont souvent été les premiers à perdre leur emploi. Leur mauvaise formation fait à présent de leur réinsertion sur le marché du travail un véritable combat. Par ailleurs, l'émergence du nationalisme et la discrimination des minorités, qui ont marqué l'Europe de l'Est ces dix dernières années, n'ont fait qu'accroître la pression sur les Roms. Nombre d'entre eux vivent aujourd'hui dans les régions ou les quartiers d'o๠infrastructure et services publics sont souvent absents.
Pour remédier à cette situation, la Décennie pour les Roms vise avant tout à leur offrir un meilleur accès à l'éducation et aux nouvelles technologies de communication. L'exposition « Roma Realities» montre aussi que des progrès ont été faits dans ce sens: dans nombre de pays, les Roms peuvent regarder ou écouter des émissions en romani, tandis que les raccordements à internet qui préservent les liens entre les membres de cette communauté dispersée sont aujourd'hui chose courante. Les réalités des Roms n'en restent pas moins variées et très contrastées. Le principal message de l'exposition, c'est que la situation des Roms ne se résume pas à de vieilles traditions ou à des habitudes profondément enracinées, car elle résulte avant tout des chances et des obstacles que les Roms rencontrent en participant à la société.
Qui sont les Roms?
Les Roms forment la plus grande minorité ethnique d'Europe. Elle compte 7 à 9 millions de membres, dont plus de 70 % vivent dans les pays d'Europe centrale et du Sud-Est et en ex-Union soviétique. Ils représentent 9 à 11 % de la population totale en Roumanie, en Bulgarie, en Macédoine et en Slovaquie. Les politiques démographiques menées par les anciens autocrates ont repoussé les Roms dans les zones et les quartiers économiquement défavorisés et quasiment privés d'infrastructures et de services publics. Le taux de chômage parmi les Roms est nettement supérieur aux moyennes nationales. Or leur manque de formation ne suffit pas pour expliquer cette situation. Elle est également due à une discrimination généralisée et au manque de volonté des autorités et de la population à promouvoir leur intégration sociale.
La Décennie des Roms
La Décennie pour l'intégration des Roms 2005-2015 concrétise l'engagement pris par les gouvernements d'Europe centrale et du Sud-Est pour promouvoir le statut socio-économique des Roms et leur intégration sociale dans un cadre régional. La décennie met l'accent sur l'éducation, l'emploi, la santé et le logement, et exhorte les gouvernements à entreprendre des mesures dans le cadre de plans d'action nationaux. Pauvreté, discrimination et égalité des sexes comptent aussi parmi les priorités de la décennie.
Les organisations internationales qui soutiennent la Décennie pour l'intégration des Roms comprennent la Banque mondiale, l'Open Society Institute, le Programme des Nations unies pour le développement, le Conseil de l'Europe, nombre d'organismes roms et des donateurs bilatéraux, dont la Suisse. |